Plus qu'une exposition annuelle, le Rwanda considère la CIIE comme un pont vers le marché chinois, selon une responsable du RDB
KIGALI, 31 octobre (Xinhua) -- La participation régulière du Rwanda à l'Exposition internationale d'importation de la Chine (CIIE) témoigne d'une forte volonté de maintenir un lien étroit et durable avec le marché chinois, a déclaré Juliana Muganza, directrice générale adjointe du Rwanda Development Board (RDB).
Le Rwanda participe à la CIIE depuis sa première édition en 2018. Dans un entretien accordé récemment à Xinhua à la veille de la neuvième édition de la CIIE, qui se tiendra du 5 au 10 novembre à Shanghai, en Chine, Mme Muganza a confié que, plutôt que de considérer ce salon comme une simple exposition, le Rwanda reconnaissait que cet événement offrait une plateforme permettant de promouvoir le pays en tant que destination d'investissement.
Ce point de vue est étayé par la croissance des échanges bilatéraux entre le Rwanda et la Chine, qui sont passés d'environ 300 millions de dollars en 2019 à 849 millions en 2025, selon les données du RDB. Parallèlement, les exportations du Rwanda vers la Chine ont également connu une forte hausse, passant d'environ 35 millions de dollars en 2019 à 227 millions en 2025.
Qualifiant la Chine de l'un des partenaires économiques et commerciaux les plus importants du Rwanda, Mme Muganza a indiqué que, pour un pays comme le Rwanda, la CIIE constitue une opportunité capitale permettant aux entreprises locales, y compris les petites et moyennes entreprises, de présenter leurs produits directement aux acheteurs, distributeurs, plateformes de commerce électronique et consommateurs chinois.
Elle a toutefois précisé que la participation du Rwanda ne se limite pas à la vente de produits durant cet événement de six jours.
« Nous tirons parti de la CIIE pour nouer des relations commerciales à long terme, mieux appréhender les évolutions du marché chinois, promouvoir le Rwanda en tant que destination pour les investissements et le tourisme, et renforcer le partenariat économique plus large entre le Rwanda et la Chine », a-t-elle précisé.
Selon les données du RDB, les investissements enregistrés par des entreprises chinoises au Rwanda sont passés de 460 millions de dollars en 2024 à 548,5 millions de dollars en 2025. Les entreprises chinoises présentes au Rwanda sont de plus en plus actives dans des secteurs tels que l'industrie manufacturière, les infrastructures, la construction, l'énergie et l'immobilier.
Mme Muganza a précisé que, bien que ces résultats ne puissent être attribués au seul salon, la CIIE y a contribué en offrant chaque année au Rwanda une plateforme majeure pour promouvoir ses produits locaux, ses opportunités d'investissement et son tourisme.
Lors de l'édition de cette année, les exposants rwandais présenteront certains des produits les plus compétitifs et les plus emblématiques du pays, notamment des cafés de spécialité, des thés haut de gamme, des piments et produits dérivés, des noix de macadamia, ainsi que d'autres produits agricoles et à valeur ajoutée « Made in Rwanda ».
Parmi les autres produits au potentiel considérable figurent le miel, l'avocat, ainsi que les fruits secs et les noix, alors que l'accès au marché chinois continue de s'élargir pour davantage de produits rwandais.
Mme Muganza a souligné que la CIIE, un salon spécifiquement dédié aux importations, « envoie un message important : la Chine ne cherche pas seulement à exporter vers le monde, mais crée aussi activement des opportunités » permettant aux entreprises du monde entier d'accéder au marché chinois.
Evoquant une coopération « gagnant-gagnant », elle a affirmé que cette exposition aide les entreprises étrangères à tirer parti de l'envergure et des opportunités du marché chinois, tandis que les entreprises et les consommateurs chinois bénéficient, quant à eux, d'une gamme plus vaste de produits internationaux.
Concernant le traitement tarifaire nul accordé par la Chine à 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, entré en vigueur en mai, Mme Muganza a souligné que le Rwanda considérait cette politique comme un développement très important pour le commerce sino-africain.
Elle a également souligné que l'ouverture de haut niveau de la Chine « envoie un signal fort et positif », créant des opportunités non seulement pour les grandes multinationales, mais aussi pour les producteurs et les entreprises des économies en développement.